Cuisine japonaise simple et saine

Bento

Bento, une culture et une institution japonaises

Bento, c’est quoi ?

C’est une boîte rectangulaire avec des compartiments qui contiennent de quoi déjeuner efficacement et assez agréablement. Avouez que le mélange des deux n’est pas évident ! C’est la lunch box en langage international et il n’y a pas vraiment de mot français pour cela.

Au Japon cette pratique remonte loin dans le temps.

D’abord au casse-croute militaire vers les 12/14 -ème siècles où, à la boule de riz ancestrale, on ajoute des légumes salés ou autres aliments destinés à donner goût et surtout énergie aux combattants.

« Ben » veut dire organisation performante et « To » logique. Tout est clair.

Le plaisir de l’entracte au spectacle

Cette boîte polyvalente trouve vite son sens dans un pays déjà très peuplé et où la société participe à de nombreux événements collectifs assez longs. Deux importantes manifestations culturelles accueillent vite les Bento: le théâtre de « Kabuki » (un des théâtres traditionnels japonais) et les combats de « Sumo » (j’y consacrerai des blogs bientôt…). Ces boîtes étaient alors de magnifiques objets en bois laqué et incrustés de nacre, souvent à plusieurs étages.

Un spectacle de « Kabuki » c’est facilement 4 ou 5 heures !  Heureusement il y a des scènes de transition alors hop on sortait son petit Bento apporté avec  une bouteille PET du thé vert  ou acheté sur place.  C’est une sorte de plaisir convivial, qui est aussi important que le spectacle elle-même. « Makunouchi Bento » (Bento pour l’entracte de Kabuki) a été inventé à l’époque Edo et devenu une sorte de Bento très populaire et se vend partout au Japon.

Les combats de « Sumo » sont des tournois où chacun des compétiteurs rencontre tous les autres suivant des règles assez compliquées. Un peu interminable quand on ne connaît pas, mais le spectateur japonais ne perd pas une miette du spectacle…ni de son luxueux repas de Bento de trois étages !

Toutes les sortes de Bento qui se vendent partout

Ce qui était un rituel familial autrefois va devenir dans les années 60/70 un produit de consommation que l’on trouve partout et les précieuses boites se sont violemment démocratisées !  En clair elles sont devenues en fer ou en bois léger avant d’être en plastique. Mais c’est hyper bien fait, léger, bien ajusté et résistant à tous les chocs que les situations de transport occasionnent.

Évidemment l’amour familial et la poésie ont cédé du terrain mais vraiment cela se mange…

D’ailleurs il y a des tas de sortes de Bento de toutes les tailles (pas trop grand quand même, on est au Japon) et à tous les prix mais raisonnables.

Imaginez une boîte rectangulaire composée de 4 ou 5 compartiments : du riz avec un peu de poudre de nori (algue), du poulet, le poisson grillé, du Tofu, des légumes salés et un petit rouleau d’omelette. Il y a bien sur une petite serviette, des baguettes et un peu de sauce de soja dans une mignonne petite bouteille en plastique. Zero défaut. Il ne manque jamais rien.

Bien sûr on en trouve absolument partout dans un pays où tout mètre carré disponible est dédié à la vente…

Les plus chics sont dans les grands magasins, mais le choix le plus ébouriffant est à la gare, du plus petit train de campagne jusqu’au Shinkansen, leur TGV.

Les halls et couloirs sont une immense ruche de gens passant d’un étalage à un autre jusqu’à trouver le Bento qui leur convient. Les files d’attente se forment et se dispersent comme par magie et chacun, à peine installé dans le train dégaine son paquet sans attendre. On aura bien sûr acheté un thé vert ou un café en canette en complément. Mais pour les étourdis et les retardataires rien n’est perdu : les chariots roulants n’ont pas disparu des trains japonais.

Bento dans le train, un rituel et un plaisir

C’est devenu pour moi un rituel de voyage et un grand plaisir d’ouvrir ma boîte à peine installé, ayant choisi exprès l’heure du déjeuner pour voyager !

Et ne pensez pas que ce repas conditionné est d’une désagréable uniformité, au contraire : selon les villes et les provinces, les Bento se font le fidèle reflet des ressources culinaires locales.

Voilà, si vous rentrez dans un vrai restaurant japonais qui en a à la carte en guise de midi, vous saurez de quoi on parle…

Bon appétit !

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